Madame l’Echevine,
Lors d’une réunion de commission, vous aviez évoqué les voitures partagées et le fait que celles-ci monopolisent des places de parking parfois inutilement. Dès lors, ces places de parkings pourraient faire l’objet d’une réhabilitation « en places de parking normales » et ainsi permettre à des automobilistes de se garer. Qu’en est-il concrètement ?
Je profite de cette question afin de vous demander de faire le point sur les voitures partagées à Charleroi. Combien il y en a-t-il ? Combien sont vraiment utilisées ? Quelles sont les sociétés de voitures partagées présentent sur notre territoire ? Combien de places de parkings sont dédiées à ces voitures ? Est-ce que les voitures partagées sont « tendances » d’un point de vue de mobilité alternative comparativement aux autres modes de transport ?
Bref, quel est le bilan actuel et quelles sont vos perspectives en la matière ?
Bien à vous,
Benjamin Buyle
La question a également été posée par un autre conseiller communal en séance, voici la réponse de l’échevine à sa question.
Réponse* orale de Monard Alicia, Echevine
Merci Monsieur Elias pour votre question, qui est tout à fait pertinente.
Vous avez raison de pointer une inégalité actuelle dans la répartition des voitures partagées sur le territoire carolorégien. En effet, à l’heure actuelle, certaines anciennes communes comme Charleroi-ville ou Mont-sur-Marchienne disposent de véhicules partagés, tandis que d’autres entités comme Gilly, Jumet ou Dampremy en sont encore dépourvues.
Cette situation s’explique principalement par le modèle d’implantation des opérateurs privés, notamment Cambio, qui est actuellement le principal partenaire actif à Charleroi.
Ces opérateurs fonctionnent selon une logique économique : ils installent des stations là où il existe une demande effective ou anticipée, ce qui les pousse à se concentrer sur les zones à forte densité de population, de services ou de mobilité douce.
Cela dit, la Ville ne se contente pas de suivre leur dynamique : nous avons entamé un travail actif de planification et de concertation pour favoriser une implantation plus équilibrée sur le territoire communal.
Concrètement, cela passe par plusieurs actions :
Nous avons identifié plusieurs sites potentiels dans les anciennes communes sous-desservies, notamment à Gilly, Dampremy, Marchienne-au-Pont et Montignies-sur-Sambre. Ces sites ont été proposés à Cambio en fonction de leur accessibilité, de la proximité de transports en commun et de pôles de vie.
Nous travaillons avec les services techniques pour réserver des emplacements dédiés sur l’espace public, afin de sécuriser la logistique et la visibilité des véhicules partagés dans ces quartiers.
Nous envisageons également une campagne d’information ciblée, car nous constatons que dans certains quartiers, la méconnaissance du service freine son adoption. Il est important de rappeler que Cambio fonctionne sur réservation, avec badge, et propose différents types de véhicules, accessibles sans devoir posséder une voiture personnelle.
En parallèle, nous avons demandé à l’opérateur de partager des données d’utilisation géolocalisées. Cela nous permet d’évaluer finement les habitudes d’usage et les zones à potentiel, ce qui est essentiel pour accompagner le déploiement sur des bases objectives.
À moyen terme, notre ambition est bien de garantir un maillage territorial plus homogène, en combinant les outils de planification urbaine, le dialogue avec les opérateurs, et des incitants à l’utilisation dans les quartiers moins centraux.
Enfin, nous sommes également attentifs à l’émergence de nouvelles formes de mobilité partagée, notamment les plateformes entre particuliers ou les flottes d’entreprises ouvertes au public. La Ville souhaite accompagner cette diversité, tout en maintenant une cohérence territoriale et une accessibilité sociale.
*Réponse retranscrite sur base de l’enregistrement du conseil communal et à l’aide de l’intelligence artificielle


