Locations Airbnb à Charleroi

La Ville dispose-t-elle d’un réel cadastre des hébergements touristiques ?

Monsieur le Bourgmestre,

Le développement des plateformes de location de courte durée telles qu’Airbnb constitue aujourd’hui une réalité importante à Charleroi. S’il est relativement aisé de constater l’existence de nombreuses annonces mentionnant « Charleroi » sur ces plateformes, il est en revanche beaucoup plus difficile de connaître le nombre exact d’hébergements effectivement situés sur le territoire de la Ville de Charleroi et exploités dans le respect des différentes obligations applicables.

Cette évolution soulève plusieurs enjeux pour la Ville : sécurité des occupants, conformité urbanistique, respect des obligations régionales, fiscalité communale, concurrence loyale avec les hébergements professionnels, mais également préservation de la qualité du logement.

Le règlement relatif à la taxe communale de séjour applicable aux exercices 2026 à 2031 vise d’ailleurs explicitement les logements proposés sur Airbnb ou via un service similaire. Il prévoit une taxe annuelle par chambre ou appartement et indique que l’établissement de celle-ci repose notamment sur le recensement effectué par l’administration, les déclarations et des contrôles ponctuels.

Parallèlement, tout hébergement touristique wallon doit être enregistré auprès de Tourisme Wallonie et disposer des garanties requises en matière de sécurité-incendie. Depuis le 30 janvier 2023, la création d’un hébergement touristique dans une construction existante est également, en principe, soumise à permis d’urbanisme.

Enfin, lors de la rencontre des élus de Charleroi Métropole du 13 février dernier, la nécessité pour les communes de disposer d’un cadastre des gîtes, chambres d’hôtes et Airbnb, notamment afin de vérifier le respect des normes et la perception de la taxe, a expressément été identifiée.

Dans ce contexte, je souhaiterais savoir :

  1. Combien d’hébergements de courte durée de type Airbnb ou similaire sont actuellement recensés par la Ville de Charleroi et soumis à la taxe communale de séjour ? Une ventilation par ancienne commune peut-elle être communiquée ?
  2. Un croisement est-il réalisé entre les offres présentes sur les principales plateformes, les hébergements enregistrés auprès de Tourisme Wallonie, les attestations de sécurité-incendie délivrées par le Bourgmestre, les données fiscales communales et, lorsque cela est nécessaire, les autorisations urbanistiques ?
  3. Combien de situations irrégulières ont été détectées en 2025 et en 2026 ? Quelle était la nature des irrégularités constatées et quelles suites leur ont été données ?
  4. Les services communaux sont-ils également attentifs aux situations dans lesquelles une location présentée comme touristique pourrait en réalité correspondre à une subdivision irrégulière d’un immeuble, à du logement collectif, à une occupation durable, à une sur-occupation ou à des conditions susceptibles de poser des problèmes de sécurité ou de salubrité ?
  5. Le Collège envisage-t-il enfin de mettre en place un cadastre transversal et régulièrement actualisé des locations de courte durée, partagé entre les services des Finances, de l’Urbanisme, du Logement et de la Sécurité-incendie ?

Je vous remercie pour vos réponses.

Réponse de Madame Babette Jandrain, Échevine

Monsieur le Conseiller,

Je vous remercie pour votre question et j’en profite pour rappeler que la matière des hébergements touristiques de courte durée relève de plusieurs niveaux de pouvoir et de plusieurs services, ce qui explique en partie la difficulté d’en avoir une vision unique et centralisée.

Au niveau régional, le Code wallon du Tourisme impose à tout hébergement touristique wallon de s’enregistrer auprès de Tourisme Wallonie et de disposer des garanties requises en matière de sécurité-incendie. C’est également Tourisme Wallonie qui assure l’enregistrement et la certification de ces hébergements.

En matière d’urbanisme, depuis le 30 janvier 2023, la création d’un hébergement touristique au sein d’une construction existante est en principe soumise à un permis d’urbanisme.

Au niveau communal, le règlement relatif à la taxe de séjour applicable aux exercices 2026 à 2031 vise explicitement les logements proposés sur Airbnb ou via un service similaire, avec une taxe annuelle par chambre ou par appartement. L’établissement de cette taxe repose sur le recensement effectué par l’administration, les déclarations des exploitants et des contrôles ponctuels.

La Maison du Tourisme Pays de Charleroi, quant à elle, intervient dans la promotion touristique des établissements reconnus et certifiés par Tourisme Wallonie, mais n’a pas de rôle de contrôle.

La Ville de Charleroi intervient donc dans le cadre de ses compétences propres — taxation, urbanisme, logement, sécurité et salubrité — mais n’assure pas le contrôle du respect des critères de certification régionale, qui reste de la compétence de Tourisme Wallonie.

Il n’existe pas aujourd’hui de cadastre de l’ensemble des hébergements touristiques, les compétences étant réparties entre plusieurs niveaux de pouvoir. La priorité du Collège est d’assurer une meilleure circulation de l’information entre les services communaux compétents, afin que les situations nécessitant une intervention soient identifiées et traitées efficacement, indépendamment du statut touristique affiché de l’hébergement.

L’enjeu est donc moins la constitution d’un fichier unique que la bonne circulation de l’information entre services.

Cela étant dit, voici la situation actuelle à Charleroi et son évolution en 2026 :

  • 19 établissements sont enregistrés auprès de Tourisme Wallonie sur le territoire de Charleroi.
  • Le recensement communal réalisé dans le cadre de la taxe de séjour fait apparaître, pour l’année 2026, 44 logements de type Airbnb ou assimilés ainsi que 8 établissements hôteliers.
  • Depuis le 1er janvier 2026, 7 permis d’urbanisme ont été instruits pour la création de logements touristiques au sein d’un bien existant sur le territoire carolo. Sur ces 7 dossiers, 4 permis ont été octroyés (3 par le Collège communal, 1 sur recours par le Ministre) et 3 ont été refusés.
  • Aucun dossier d’infraction n’a été ouvert cette année sur cette thématique par le service de l’Urbanisme.

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