Monsieur le Bourgmestre,
La commémoration de la catastrophe du Bois du Cazier du 8 août 1956 constitue un moment majeur pour Charleroi et Marcinelle. Par son histoire, sa portée internationale et la mémoire des 262 victimes, cette cérémonie mérite un cadre à la hauteur de l’événement.
À l’occasion de la commémoration organisée cette année sur la Grand-Place de Marcinelle, plusieurs éléments ont toutefois pu être constatés.
Si le monument avait fait l’objet d’une rénovation et la place d’un nettoyage préalable, l’entretien de ses abords apparaissait plus perfectible : pelouses et haies insuffisamment entretenues ainsi que présence de mauvaises herbes. Cet état de la végétation avait par ailleurs déjà été signalé aux services compétents par mes soins.
L’installation des drapeaux interpelle également. Certains piquets en bois présentaient une peinture fortement dégradée et étaient fixés de manière provisoire à la petite clôture du monument à l’aide de ruban adhésif, faute de dispositif d’ancrage adapté. L’un d’eux était par ailleurs visiblement incliné. Une telle installation paraît peu en rapport avec le caractère solennel d’une cérémonie à laquelle assistaient notamment plusieurs représentants officiels et diplomatiques étrangers.
Plus de dix jours après la cérémonie, plusieurs bouquets fanés étaient également toujours présents autour du monument.
Par ailleurs, un document à caractère politique relatif à cette commémoration a été diffusé. Celui-ci contient notamment des propos visant explicitement le MR dans le contexte de la catastrophe et de la mémoire des victimes. Sans préjuger de son auteur ni de ses conditions précises de diffusion, il me paraît important de s’assurer qu’une commémoration officielle de cette nature conserve pleinement son caractère digne et rassembleur.
Dans ce contexte, pourriez-vous m’indiquer :
Quels services étaient chargés de la préparation, de l’entretien et de l’aménagement de la Grand-Place de Marcinelle et des abords du monument avant la cérémonie du 8 août ?
Quel dispositif avait été prévu concernant l’entretien des espaces verts, le nettoyage ainsi que l’installation des drapeaux et autres éléments protocolaires ? Comment expliquer le recours à des fixations provisoires pour certains piquets autour du monument ?
La Ville estime-t-elle que l’état des abords et la qualité des installations correspondaient au niveau de présentation et de protocole attendu pour une commémoration de cette importance et à dimension internationale ?
Quel service est chargé du suivi du monument après la cérémonie, notamment de l’enlèvement des fleurs et bouquets fanés, et dans quel délai cet entretien doit-il normalement intervenir ?
Enfin, la Ville a-t-elle connaissance du document politique précité ? Celui-ci a-t-il été distribué ou mis à disposition dans le cadre de la cérémonie officielle ou à proximité immédiate de celle-ci ? Si oui, par qui et avec quelle éventuelle autorisation ou implication de la Ville ?
Je vous remercie pour les éléments de réponse que vous pourrez apporter.
Benjamin Buyle
Conseiller communal
Réponse de FELON Maxime, Echevin ; DERMINE Thomas, Bourgmestre
Monsieur le Conseiller,
Je vous remercie pour votre question relative à l’organisation des commémorations de la catastrophe du Bois du Cazier.
Avant de répondre plus précisément à vos interrogations, il me paraît important de rappeler que les cérémonies organisées chaque année les 7 et 8 août constituent, pour Charleroi, un moment de mémoire particulièrement significatif. Elles rendent hommage aux 262 victimes de la catastrophe du 8 août 1956, événement qui a profondément marqué l’histoire de notre ville, du monde du travail et de nombreuses familles belges et étrangères, particulièrement italiennes. Cette commémoration revêt dès lors une dimension à la fois locale, nationale et internationale qui mobilise de nombreux acteurs institutionnels, associatifs et citoyens.
Il convient également de distinguer la cérémonie organisée le 7 août au Monument international dédié aux victimes du travail, sur la Grand-Place de Marcinelle, des cérémonies du 8 août organisées au Bois du Cazier et au cimetière de Marcinelle. Ces différents temps de recueillement s’inscrivent dans un même devoir de mémoire mais relèvent d’organisations et de dispositifs spécifiques.
Concernant la préparation de la cérémonie du 7 août, celle-ci est coordonnée par le service du Protocole qui assure l’organisation générale de l’événement et sollicite les différents services compétents pour les interventions qui relèvent de leurs attributions respectives. Ainsi, l’entretien des espaces verts est assuré par le service Nature en Ville, la propreté des lieux par les services compétents et Tibi, tandis que les installations techniques liées aux mâts et au pavoisement relèvent du SLT. Les gerbes protocolaires sont quant à elles coordonnées par le service du Protocole.
Plusieurs interventions préparatoires ont effectivement été réalisées en amont des commémorations, tant aux abords du cimetière que sur les différents espaces empruntés dans le cadre du parcours mémoriel. Les services ont notamment procédé à des opérations de tonte, de taille, de débroussaillage, de nettoyage des voiries et des espaces verts ainsi qu’à diverses opérations d’entretien sur les sites concernés.
S’agissant plus particulièrement des observations formulées à propos des mâts et des drapeaux installés à proximité du monument, il faut rappeler que ce dernier ne dispose pas de dispositifs permanents permettant la fixation directe des mâts. Cette contrainte technique impose le recours à des aménagements temporaires. Cela étant, il est exact que certains éléments matériels présentaient un état perfectible. Cette situation a été constatée et les remarques ont été transmises aux services concernés afin que des améliorations puissent être apportées lors des prochaines éditions.
Pour ce qui concerne l’état général des lieux, la volonté de la Ville demeure naturellement d’offrir un cadre digne de la portée historique et symbolique de cette commémoration. Si les interventions nécessaires ont été réalisées par les services compétents, l’évaluation de terrain permet toujours d’identifier certains points d’amélioration. Ceux-ci seront pris en considération dans la préparation des prochaines cérémonies, dans une logique d’amélioration continue de l’accueil, de la mise en valeur des lieux de mémoire et du protocole.
Concernant enfin les dépôts de fleurs, ceux-ci sont généralement maintenus durant plusieurs jours après les cérémonies afin de permettre aux familles, aux délégations et aux visiteurs de prolonger leur hommage. Leur enlèvement est ensuite organisé en concertation entre les différents services concernés, généralement dans un délai variant entre dix et quinze jours selon l’état de conservation des compositions florales et les contraintes opérationnelles des tournées d’entretien. Une attention particulière sera toutefois maintenue afin d’assurer un suivi optimal de ces interventions.
Quant au document évoqué dans votre question, la Ville n’intervient pas dans le contenu des prises de parole ou des documents diffusés par les organisations participant à la cérémonie dans le cadre des espaces d’expression qui leur sont traditionnellement accordés. Depuis de nombreuses années, les organisations syndicales belges et étrangères prennent part à cet hommage en raison du lien historique qui unit le mouvement ouvrier à la mémoire des victimes du Bois du Cazier. Les éventuels documents qu’elles diffusent relèvent de leur seule responsabilité et ne font pas l’objet d’une validation préalable par la Ville.
La Ville demeure pleinement attachée à préserver le caractère digne, rassembleur et respectueux de ces cérémonies de commémoration, afin d’honorer la mémoire des victimes et de transmettre aux générations futures l’importance de cet héritage historique et humain.
Je vous remercie pour votre question.


